dimanche 9 octobre 2016

ce à quoi je travaille en ce moment.

Ce blog est désormais fermé. J'en ouvrirai un autre quand j'en aurai le temps.
Après "Ethique du mikado", consacré à la question du mal dans le cinéma de Michael Haneke, et paru aux PUF en mai 2015, je travaille maintenant activement à l'écriture de deux livres, un roman et un essai. Je continue bien évidemment à recevoir mes patients à mon cabinet à Paris dans le 9eme.
Pour me contacter : chiche.sarah@gmail.com

vendredi 17 avril 2015

"Ethique du Mikado, essai sur le cinéma de Michael Haneke"

On pourra trouver "Ethique du Mikado", mon essai sur le cinéma de Michael Haneke, qui paraît aux PUF, dans la collection "Perspectives critiques", dès le 6 mai en librairie.


En attendant, en voici le sommaire : http://www.puf.com/Autres_Collections:%C3%89thique_du_mikado

Et une avant-critique  parue dans le "Livres Hebdo" du 17 avril (cliquez sur l'image pour l'agrandir).




jeudi 12 février 2015

Soupe maso (sur 50 shades of grey)


Dans la salle du Gaumont Opéra, 50 nuances de dindes, dont l'auteur de ces quelques lignes, planquée sous un sweat à capuche ("non, ce n'était pas moi, je ne vais voir que des films au Champo"), et l'incontournable pervers obèse à lunettes à triple foyer, raie au milieu, et chemise à carreaux qui, tout au long du film, changera à trois ou quatre reprises de siège - avant de prendre la fuite. 

A part quelques scènes de sexe qui peuvent éventuellement gratouiller deux secondes trente le cerveau, le cœur ou la culotte (selon le lieu où se trouve votre centre de gravité), le scénario de ce film est d'une médiocrité si rare qu'il ferait passer le livre qui l'a inspiré pour un chef-d'oeuvre de la littérature universelle. Aucun cliché psychologisant ("mais pourquoi est-il si méchant ? Parce que sa mère était une pute et fumait du crack" , etc, etc) ne nous est épargné. On apprend plus sur la nature humaine en traînant au rayon bricolage du BHV. Pendant ces deux heures de torture morale pour le spectateur, la malheureuse Dakota Johnson passe son temps à se mordiller les lèvres - c'était tout le temps écrit dans le livre et donc, horreur, d'aucuns en ont déduit qu'il fallait que ça soit tout le temps montré dans le film. On espère que sur le tournage, elle était équipée en Dermophil indien. N'allez pas voir "50 shades of Grey". Regardez plutôt "La Secrétaire" de Steven Shainberg, dont Emilie Noteris fit une remarquable présentation, en juin dernier, au Forum des images : http://www.debordements.fr/spip.php?article269





vendredi 6 février 2015

Sur "Jupiter Ascending" des Wachowski.




Il existe mille raisons pour lesquelles j'aime, envers et contre tout, le film de Lana & Andy Wachowski, "Jupiter Ascending" - la plus secrète d'entre elles se trouve dans le fragment 110 de mon petit livre sur Pessoa et la mélancolie, "Personne(s)". Comme Jupiter, jouée par Mila Kunis, qui, dans le film, est nettoyeuse de chiottes, il arrive, au cours d'une vie, que l'on se retrouve littéralement les mains dans la merde. Pardonnez-moi d'insister, mais je pense qu' il faut croire aux étoiles. Il faut croire aux étoiles même quand on a les mains dans la merde. Et comme je ne parle que quand j'écris je ne vois guère d'autre moyen de le dire qu'en relisant ce que j'ai écrit dans "Personne(s)". Il faut y croire car "c'est à ces choses quelconques que tient parfois la poursuite de l'existence quelconque des enfants de personne, des buveurs d'étoiles, des exilés, des taiseux, des rêveurs, des intranquilles, des navigateurs immobiles, des gens comme vous et moi - les gens de peu."



samedi 1 novembre 2014

Les récits de cas psychanalytiques sont-ils des fictions ?

Psychanalyste, membre de l'Ecole de la Cause Freudienne, maître de conférence au département de psychanalyse à l'université de Paris VIII, Clotilde Leguil est aussi une grande cinéphile. Son dernier livre, In Treatment, Lost in therapy, est un brillant essai critique, qui prend le prétexte de la série du même nom, avec Gabriel Byrne, pour disséquer ce qu'est devenue la psychothérapie à l'américaine. Je ne suis à peu près d'accord sur rien de ce qui est dit dans ce livre. Néanmoins, je le trouve très incisif et assez génial. J'avais donc souhaité interroger son auteur sur l'écriture du cas, la fiction, et la psychanalyse, pour un article.


A lire : Clotilde Leguil, In Treatment». Lost in therapy,  PUF, 210 p., 13 €.


11.    Un récit de cas clinique, est-ce un article scientifique ? est-ce une fiction ?
Clotilde Leguil.

Je dirai que c’est une question cruciale qui vous posez là, qui touche au statut même de la psychanalyse, une question qui renvoie au sens que la psychanalyse donne au mot de «science » et à celui de « fiction ».
Le statut du récit de cas clinique est singulier. Impossible à classer du côté de la pure science ou du côté de la pure fiction. Mais comportant un rapport à ces deux dimensions.
En effet, le récit de cas clinique comporte nécessairement une dimension scientifique car il s’agit d’une démonstration, concernant la conduite d’une cure, ses temps logiques, les moments de franchissement d’un sujet dans son rapport à son symptôme. Cette dimension scientifique est donc une dimension démonstrative.
Mais il y aussi une dimension proprement subjective, au sens où le psychanalyste rend compte de la façon dont il a essayer d’opérer avec un patient, sans savoir à l’avance ce qu’allait produire ses interventions. Si la présence du psychanalyste est de l’ordre d’un effacement dans la cure, elle ne l’est pas dans le récit de cas. L’intérêt du récit de cas ne me semble pas de donner à observer les résultats objectifs d’un travail, mais bien au contraire les effets toujours inattendus de l’interprétation, qui supposent une part de contingence. Ainsi le psychanalyste n’est pas extérieur au tableau. En ce sens, il témoigne aussi à travers son récit de la façon dont quelque chose s’est construit avec le patient. Lacan disait en 1964 que le psychanalyste faisait partie du concept de l’inconscient. Je crois que cette phrase rend bien compte du caractère dialectique du récit de cas.


2. Après les polémiques sur l'exactitude des cas freudiens, quel crédit peut-on encore accorder au récit de cas ? 

Le crédit que l’on peut accorder au récit de cas est proportionnel à ce que le récit de cas nous enseigne sur la pratique. Les récits de cas les plus intéressants ne me semblent pas être ceux qui cherchent à faire croire aux miracles, ceux qui cherchent à exposer que tout a bien marché. Au contraire, les récits de cas les plus passionnants sont ceux où le psychanalyste rend compte des obstacles, des échecs, de ce qui a raté. Jacques-Alain Miller disait dans une intervention à Comandatuba au Brésil en 2004, que finalement ce qui distingue la pratique lacanienne de la psychothérapie, c’est qu’elle se fonde sur ce qui rate. C’est autour de ce qui rate au sein même de l’opération de la parole sur le symptôme que le récit de cas doit se construire. C’est une voie étroite entre la transparence et l’obstacle, comme aurait pu le dire Jean Starobinski.


3. Vous-même, dans votre pratique, quelle importance accordez-vous à ces récits freudiens princeps? Et à la pratique du récit de cas en général ?

J’ai toujours beaucoup de plaisir à travailler les récits de cas freudien, et à assister en direct en quelque sorte à travers l’écriture de Freud et son honnêteté clinique, aux questionnements, aux hésitations, aux tourments du fondateur de la psychanalyse. Je trouve que la lecture proposée des Cinq psychanalyses par Lacan, dans ses différents séminaires, permet de s’y retrouver, car il introduit une armature logique qui donne un éclairage inédit sur le cas. Dans le cas Dora par exemple, Lacan introduit la dimension de la dialectique hégélienne afin de saisir comment Freud a opéré. Son écrit « Intervention sur le transfert » rend compte de cette logique à l’œuvre, qui opère sur le mode du renversement. La lecture lacanienne du cas Dora permet de voir comment Freud intervient pour montrer à la jeune fille en quel sens elle participe sans le savoir au désordre du monde dont elle dit souffrir. C’est lumineux.

4. Il existe aussi un courant depuis quelques années, dans certaines sociétés de psychanalyse, qui se garde de parler " des cas", en mettant en avant la confidentialité (l' argument consisterait sommairement à soupçonner ceux qui parlent des cures de "jouir" de leur patients)  et qui donc s'interdit un étayage de la théorie via la clinique. Qu'en pensez-vous ?

La dimension de la confidentialité est fondamentale. Il y a en effet une question d’adresse. Ces récits s’adressent à celles et ceux qui eux-mêmes exercent la clinique et qui se forment à travers l’expérience des autres. Ils ne sont pas faits pour être divulgués sans précaution. Il y a aussi une façon de rendre compte d’une logique de la cure qui permet de transmettre l’expérience de la psychanalyse tout en restant dans les limites du dicible et de la pudeur nécessaire. La dimension conceptuelle permet de distinguer aussi le récit de cas de toute exhibition de l’intime, à une époque où en effet, le champ de l’intime s’avère de plus en plus réduit.



5. A contrario, les films ou les livres qui mettent en scène des patients et/ou des psys peuvent-ils nous transmettre une vérité de l'expérience analytique ? Ou un récit ?


In Treatment
J’ai écrit un livre aux PUF comme vous le savez sur la série américaine In Treatment qui met en scène un psy new-yorkais avec ses patients. Nous avons eu l’occasion d’en parler ensemble sur France-Culture. Cette série me semble illustrer ce qui relève de la pratique de la psychothérapie aux Etats-Unis et n’a rien à voir finalement avec la psychanalyse. Un malentendu a eu lieu lorsque le titre proposé en français fut « En analyse ». Difficile de mettre en scène une cure. Freud s’y était toujours opposé.
Je trouve que la vérité de l’expérience analytique est plus finement transmise par des fictions qui ne mettent pas en scène des cures mais rendent compte des rêves et des cauchemars de leurs personnages. C’est pour cela que dans mon premier livre, Les Amoureuses, j’ai écrit sur le chef d’œuvre de David Lynch, Mulholland drive. Avec ce film, Lynch, sans s’intéresser d’ailleurs à la psychanalyse, nous donne à voir le cauchemar d’une héroïne et son impossible réveil. Il nous fait éprouver avec cette fiction en quel sens la dimension de l’inconscient confronte le sujet à la fois à un sens qui peut se déchiffrer, et à un hors sens qui est de l’ordre du silence. Silencio ! Tel est le message secret du rêve de Diane Selwyn. Tel est aussi pour Lacan le point sur lequel toute cure finit par buter. C’est peut-être cet ombilic-là, comme l’appelait Freud dans L’interprétation des rêves, qui est le plus difficile à transmettre et à démontrer.

Propos recueillis par Sarah Chiche

Roudinesco, en dernière analyse

(puisqu'il est en accès libre sur le site du Magazine Littéraire, je remets ici mon compte rendu de la biographie de Freud par Elisabeth Roudinesco. Un livre que je ne m'attendais pas à aimer. J'avais bien tort. Parfois, c'est une joie d'admettre qu'on avait fait fausse route. Je recommande vivement la lecture de cette biographie)


Si l'omniprésence et les partis pris de l'historienne de la psychanalyse suscitent parfois l'hostilité, il sera difficile de contester l'importance de sa somme sur Freud, tout en nuances.
Informant un psychanalyste que l'on préparait un article sur  Élisabeth Roudinesco et sa biographie de Freud, on l'entendit répondre, dans un haussement de sourcil broussailleux: «Vous pourriez intituler votre article "Élisabeth Roudinesco en son temps et dans le nôtre".» Pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette pique à l'endroit de la célèbre historienne de la psychanalyse, auteur de plus d'une vingtaine d'ouvrages traduits en plusieurs langues, une lecture minutieuse de son dernier livre et un détour géopolitique sur les lignes de fracture entre Élisabeth Roudinesco et d'autres chapelles freudiennes ou lacaniennes s'imposent.
Élisabeth Roudinesco incarne pour le grand public la voix de la psychanalyse en France. Non pas celle d'une psychanalyse jargonneuse réservée au seul cénacle des analystes, mais celle d'une psychanalyse pour tous dont l'histoire doit se transmettre au plus grand nombre. C'est grâce à la lecture de son Histoire de la psychanalyse en France que certains, qui n'avaient jamais lu Freud ou Lacan, ont décidé d'entrer en analyse. On la consulte sur des questions politiques - sur le mariage pour tous comme sur la prise en charge de l'autisme, elle se démarqua de certains de ses confrères en assumant des points de vue progressistes. On raconte qu'elle fait la pluie et le beau temps dans la rubrique « Livres » d'un grand quotidien du soir. On l'a vue interdire, à plusieurs reprises, la publication de tel ou tel article sur le livre d'un psychanalyste qui n'avait pas eu l'heur de lui plaire. Il se murmure qu'elle n'hésite pas à menacer telle ou telle rédaction de représailles quand il n'a pas été question d'un de ses ouvrages sur telle ou telle question où pourtant elle fait, dit-elle, autorité.
On aurait voulu, pour certaines des raisons mentionnées ci-dessus, détester cette biographie de Freud qu'on serait bien en peine d'y arriver. Avec ce Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, Élisabeth Roudinesco donne à lire un très beau portrait, épique, intime, et critique, du fondateur de la psychanalyse. À mille lieues de la freudôlatrie, de façon plus pédagogique que ne l'avait fait l'historien Peter Gay (1), reprenant et complétant certains travaux des historiens de Vienne dont ceux de Jacques Le Rider (2), cette peinture morale du psychanalyste en viennois de son temps déconstruit bien des mythes et des fantasmes. Ceux qui n'en connaissaient pas les détails y découvriront aussi, comme on regarde, fasciné, chaque détail d'une fresque, le contexte historique, social et culturel dans lequel s'est élaborée la psychanalyse, mais aussi ce que fut la vie familiale et intime de Sigmund Freud - ici, au détour d'un joli parallèle entre Lumières juives (la Haskala) et Lumières allemandes(Aufklärung), on aperçoit le Yiddishland des parents de Freud, là on le voit pleurer la mort d'un de ses chiens ou se faire aider par sa fille Anna pour se faire installer sa prothèse de la mâchoire...
Roudinesco répond point par point à l'entreprise de déboulonnage de la statue freudienne orchestrée par Onfray dans son Crépuscule d'une idole, lequel, on n'insistera jamais assez sur ce point, reprend en grande partie - le talent et la rigueur en moins - les travaux des historiens Mikkel Borch-Jacobsen et Sonu Shamdasani (3). Pour ceux qui, ces dernières années, auraient vécu dans une grotte, rappelons que Michel Onfray a fait dans son tout petit livre de 624 pages le portrait d'un Freud roublard et affabulateur, misogyne, homophobe, instrumentalisant perversement sa belle-soeur, trafiquant ses récits de cas pour en faire une « cour des miracles », admirateur de Mussolini, etc. Non, démontre Élisabeth Roudinesco, penser que Freud faisait payer ses séances 450 euros est une hérésie. Oui, lui attribuer la vie sexuelle d'un « bourgeois libidineux, avorteur clandestin, adepte des bordels et de la masturbation » repose sur de folles rumeurs totalement infondées mais sous-tend une réalité : Freud « voyait en chaque fille l'image positive ou négative de la mère ou le reflet inversé de la soeur, ou encore dans chaque gouvernante le substitut d'une mère, d'une tante, d'une soeur ou d'une grand-mère ». Non, explique-t-elle, Freud n'a jamais mis enceinte la soeur de sa propre femme, en 1923, l'obligeant ensuite à se faire avorter. À cette époque Minna Bernays avait... 58 ans. Oui, il fut un consommateur de cocaïne mais cessa d'en prendre définitivement en 1892. Oui, concède-t-elle aussi, « les études de cas sont toujours construites comme des fictions, des nouvelles ou des vignettes littéraires destinées à valider les hypothèses des savants », et la « légende dorée » d'un Freud qui se serait autoengendré par l'autoanalyse est erronée. Oui, il est exact que Freud a analysé sa fille Anna, mais la cure a duré quatre ans et non pas dix, comme le mentionnait Onfray. Certes, Freud n'a rien voulu savoir des avant-gardes littéraires et artistiques, et s'est désintéressé de Proust comme du cinéma, mais en faire un « conservateur homophobe » ou un sympathisant de Hitler, directement responsable de l'extermination de ses soeurs par les nazis, est proprement odieux.
Même si Roudinesco s'est appuyée sur de très nombreuses archives pour écrire cette biographie et a pu avoir accès à de nouveaux documents, l'ouvrage est si plaisant à la lecture qu'il peut aussi se lire comme un roman. Et c'est précisément sur ce point-là que Roudinesco sera probablement attaquée par certains autres de ses détracteurs. Évoquer la géopolitique contemporaine de l'héritage freudien revenant souvent aussi, hélas ! à avoir l'impression de décrire une planche deL'Odyssée d'Astérix où Sumériens, Hittites, Akkadiens, Assyriens et Mèdes se tirent les uns sur les autres, tant et si bien qu'au bout d'un temps on ne sait plus le pourquoi de tant de haine, on s'amusera de constater que, au moment même où sort la biographie de Roudinesco sur Freud, les éditions du Champ freudien font paraître une très polémique Légende noire de Jacques Lacan (4), écrite par Nathalie Jaudel et présentée, de l'avis même de l'éditeur, comme « une opération pendules à l'heure ». Vingt et un an avant de faire paraître son Freud, Roudinesco, anciennement membre de l'École freudienne de Paris, fondée par Jacques Lacan et dissoute en 1981, avait en effet consacré une première biographie à ce dernier. Biographie inadmissible pour Nathalie Jaudel, car Roudinesco y montre un Lacan caricatural, «déroge aux règles de la méthode historique dont pourtant elle se réclame » et s'autorise des « intrusions d'auteur », tout en faisant, dit-elle, un « usage discutable des sources et des guillemets». Or Nathalie Jaudel est analyste membre de l'École de la cause freudienne (ECF), dont Jacques-Alain Miller (« JAM »), le gendre de Lacan, exécuteur testamentaire du maître et responsable de la publication de ses Séminaires,est le président. Ces dernières années, par deux fois, le clan Miller s'est retrouvé au tribunal face à Roudinesco. Une fois, elle y fut convoquée en tant que présidente de la Société internationale d'histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse, aux côtés d'Henri Roudier et de Philippe Grauer, parce qu'ils prétendaient, vraisemblablement à raison, que la psychanalyste iranienne Mitra Kadivar, membre de l'École de la cause, n'avait pas été enfermée par le régime de Téhéran pour l'empêcher d'exercer, mais parce qu'elle avait fait un épisode délirant. L'autre, à la suite de la rupture entre « JAM » et les éditions du Seuil, éditeur historique desSéminaires de Lacan, dont le PDG n'est autre que... le compagnon de Roudinesco. Motif de la déclaration de guerre : une phrase tirée du Lacan, envers et contre tout de Roudinesco (2011) dans lequel elle sous-entend que Lacan a été enterré «sans cérémonie», contrairement à ses dernières volontés (5). On sourit tristement en imaginant ce que, dans quelques dizaines d'années, un historien de la psychanalyse pourrait faire de tout cela. Ou bien un écrivain, dans un roman...

SC pour Le Magazine Littéraire, novembre 2014.

mercredi 22 octobre 2014

"Jeux cruels dans le cinéma de Michael Haneke"

On ne fait pas que s’humilier ou se tuer dans les films de Michael Haneke. On joue, aussi, beaucoup : au backgammon dans After Liverpool, au mikado dans 71 Fragments d’une chronologie du hasard, au quizz dans Funny Games et Code inconnu, aux comptines dans Amour… Et le jeu indique toujours un point de basculement où, sur la pente du Mal, d’autres choix moraux deviennent soudain possibles, non pas pour les personnages mais bien pour le spectateur.

Le 10 juillet, je donnais, au Forum des images, avec quelques kilos en plus ;)) mais beaucoup de joie, une conférence sur les jeux cruels dans le cinéma de Michael Haneke.
Comme on continue à m'en parler régulièrement, la revoici donc : 
http://www.forumdesimages.fr/les-rencontres/toutes-les-rencontres/conference-sarah-chiche--jeux-cruels-chez-michael-haneke

Mon livre sur le cinéma de Michael Haneke, "Ethique du Mikado", paraîtra aux PUF, dans la collection "Perspectives critiques", en mai 2015. On peut, pour plus d'informations sur le livre, contacter mon éditeur aux PUF, Laurent de Sutter ou le service de presse.

Ce blog est, en ce moment, un peu en sommeil. Mais je reste joignable sur chiche.sarah@gmail.com